en ce moment, je me sens vide et je ne sais pas quoi écrire
j’ai l’impression que j’ai plus rien dans le corps et dans la tête
j’écoute Kevin Morby à fond la caisse
des nouvelles de mon triomphe dans 3,2,1… !
De plus en plus, j'ai envie de fabriquer des choses simples, et de ne pas les vendre. Sortir de cette idée que ce qu'on aime doit être rentabiliser et nous rapporter de l'argent. Sortir de cette idée qu'il faudrait « vivre de ce qu'on aime » pour être heureux.se. On ne peut pas vivre de ce qu'on aime en étant heureux.se dans un système capitaliste, puisque celui-ci nous tirera toujours très loin de ce qu'on aime, il finira par nous obliger, par tous les moyens qu'il a insidieusement mis en place, il nous rendra forcément productif.ve, aigre, malléable aux aléas du marché, tributaire zinzin de l'offre et de la demande — il nous ramènera toujours de force à ses lois.
Alors plutôt que de croire qu'on peut encore subvertir le système du dedans, il faut passer à côté du système, rester à la marge et ne pas faire de cette marge un nouveau business, siffler, ralentir sa respiration, désapprendre, méconnaître, partir vivre dans une forêt.
j'accepte parfois que les choses soient laides, mais il ne faut pas pousser l'abus trop loin
En ce moment, je lis Duras. La maladie de la mort est un texte magnifique.
J'ai relu l'Homme atlantique qui est aussi un texte magnifique. En fait, ce sont deux textes qui me donnent envie de pleurer pour des raisons similaires et différentes. Ce sont deux textes qui me déchirent, me noient et me soulèvent. Ce sont deux textes qui enrobent ma souffrance dans un voile de clarté.
« Il y a en vous des sanglots dont vous ne savez pas le pourquoi. »
les années passent mais je ne perds rien de mon tempérament mélancolique
j'espère que l'année prochaine, je serai un peu moins ravagé.e dans ma tête, j'espère que je serai quelqu'un de mieux, de moins sombre, de moins à la ramasse, quelqu'un de présent, quelqu'un qui est capable d'écouter et de répondre juste, quelqu'un qui ne se descend pas chaque jour à coup de briques
je pense que la poésie doit simplement arrêter d'être une telle posture et redevenir quelque chose de beaucoup plus vécu
qu'est-ce que j'entends exactement par là ?
j'entends par là : démerdez vous avec la cruauté de vos sensations
notre époque ne tient à rien
parfois j'essaie de faire un pas vers vous, mais c'est comme si vous ne compreniez jamais vraiment ce que j'essaie de faire
établir un lien qui ne soit pas une punition
Cette époque n’a pas besoin de mythe ; cette époque n’a besoin de rien, comme d’ailleurs, aucune époque n’a jamais eu besoin de quoi que ce soit.
Ce sont des réflexions qu’on se fait a posteriori pour se rassurer.
Des réflexions commodes pour se dire : nous n’avons pas crée pour rien.
Bande de pignoufs.
Moi je crois qu’à force de vouloir faire de la littérature à la con, c’est-à-dire de la littérature « intemporelle », à force de se sabrer des mêmes références, de se réclamer des mêmes noms (Prométhée, Rimbaud, le Christ, Joyce, Céline etc.), on finit juste par tourner en rond dans sa propre merde.
Ce que je dis n’est pas violent, c’est la vérité effrayante que vous me tendez à chaque fois que vous vous rabrouez vers des tournures moribondes, vers les mêmes velléités que les auteurices d’il y a 300 siècles. Vous collez vos fronts aux mêmes vieux cadavres et vous pensez que le génie ancien viendra teinter votre petite gueule d’une aura grandiose.
Quand on lit vos livres y a R
je soupire je soupire je me demande ce qui différencie vos brouillons des brouillons d’avant, et il n’y a pas de différence, puisque vous ne souhaitez pas exister dans ce temps-ci
alors
qu’attendez-vous pour aller au bout de votre geste, et disparaître ?
Plus j'avance dans la correspondance entre Artaud et Athanasiou, plus je me demande comment on peut encore nous vendre ces relations comme des modèles d'amour ; alors que ce sont des modèles de tyrannie.
aujourd'hui était une journée assez chiante
– c'est pile pendant ce genre de journée que j'ai la sensation que je n'existe pas beaucoup
– qu'est-ce que ça veut dire exister beaucoup ?
– je sais pas. être bien entouré.e ?
de plus en plus, je dégage la majuscule de mes textes. je sais pas pourquoi je le fais, ni de quel mouvement intérieur ça procède. ceci dit je pense que cette prohibition ne durera pas, car aucun de mes gestes artistiques ne dure
ça me déprime de fou de devoir retourner travailler demain
je voudrais pas dire que la version orchestrale de la symphonie des éclairs est un des plus beaux albums de ces derniers temps, mais si, en fait, c'est exactement ce que je veux dire
je rêve, je rêve
j'ai un rapport extrêmement toxique à instagram
je crois que c'est le réseau social qui me rend le plus malheureux, je l'installe puis je le désinstalle, j'ai de longues phases de break où je n'y vais plus du tout, j'y retourne avec appréhension, je scroll puis je vous vois, et vous voir me rend triste parce que vos vies sont remplies de gens et de lumière, tandis que la mienne est une lente façon de sombrer et de faire semblant que tout va bien
parfois je pense au fameux « burn out autistique » et je me dis : est-ce que moi aussi je vais y avoir droit ?
En fait si les mots « burn out » ou « dépression » pouvaient être posés sur moi, alors il y aurait une explication et des causes concrètes qui expliqueraient pourquoi je ne vais jamais bien
pourquoi je ne vais jamais vraiment bien depuis que j'ai 13 ou 14 ans ?
pourquoi cette lame de malheur s'est abattue sur moi ? et pourquoi elle refuse de sortir de mon crâne ?
pourquoi je suis toujours seul.e et pourquoi vous êtes aussi loin ? pourquoi vous ne voulez pas juste venir et m'aimer et jouer toutes les semaines avec moi ?
je n'arrive plus trop à pleurer ces derniers temps ; parfois j'aimerais le faire, mais je n'y arrive tout simplement pas
je ne sais pas si c'est parce que toute mon émotion est de nouveau bloquée quelque part en moi (une zone dangereuse, quasi inatteignable, sauf par les sots et les fous et les gens amoureux pour rien) ou si j'ai tellement pleuré ces derniers mois que plus aucune larme ne peut sortir de moi
je suis de nouveau sec
« le saltimbanque des ramblas dit : ici c'est le désert »
on se fait fatalement absorber par notre environnement ; on ne finit pas par l’aimer, on se laisse juste engloutir par un trauma d’habitudes
par exemple, depuis le 20 février, j'ai vraiment beaucoup de mal avec mon travail
la force de l’habitude – je dirais même davantage la force du devoir, de la nécessité matérielle, m’a rattrapé par l’arrière et m’a tiré de toutes ses putains de force
je ne vais pas mieux, j’ai juste chopé ma tristesse par le col, et chaque jour je lui implore de fermer sa gueule
– je rêve que je prends mon cœur et que je le roue de coups
– et après ?
– et après tout est réglé
– on n’est pas dans Red Dead mon pote
c’est marrant, je relis des mangas d’Asano et je me dis qu’à plein de moments, il y a des scènes qui sont extrêmement cringe
finalement toutes les œuvres sont contaminées
toutes
J’ai envie de me racheter des mangas pour compléter des collections que j’avais commencées, mais les prix sont tellement prohibitifs. La mode c’est de nous vendre des supers éditions à 20 balles le tome (en moyenne). Avec une qualité de papier guère meilleure que pour des tomes simples, et une couverture qui ne vaut clairement pas le prix.
Rendez nous nos petits mangas à 4,90.
En ce moment, je lis zéro littérature parce que rien ne me fait envie. J’ai juste commencé la correspondance entre Artaud et Génica, qui est, comme on peut s’en douter, une relation vraisemblablement toxique avec un Artaud qui reste un mec cis blanc et hétéro. Donc un mec qui aime mal et qui est infoutu de traiter correctement Génica, même dans ses lettres.
N’empêche, son désespoir et son intensité furibarde me touchent.Parfois je me dis : je pourrais vraiment agir en connard comme lui.
C’est toute l’estime que j’ai de moi-même.
En vrai, je me déteste mais c’est pas nouveau.
Hier soir je coloriais comme un damné et je me disais que j’étais vraiment un fou du bus.
Si vous n'avez jamais écouté un album de Caterina Barbieri vous ne pouvez actuellement pas comprendre ce que je ressens.
je suis sans doute très égoïste en ce moment parce que je n’arrive pas à penser à autre chose qu’à ma propre façon de ne pas être heureux.se
vous vous doutez bien que si je reviens, c’est pour mieux tout supprimer d’ici quelques temps
ne vous fiez pas à moi parce que je suis un lézard furieux et intenable
ne vous fiez pas à moi parce que mon amour c’est ma maladresse
quand est-ce qu’on baise l’état toustes ensemble ?
allez
on est content de vivre, on est content, on est content
vous voulez qu’on reprenne les sales habitudes ?
Allons y !
Moi je m’en fous, je suis déjà mort dans mon crâne, déjà exsudé et en pleine phase 4 de décomposition
j’aurais passé mes vacances à ne rien faire de productif
je me laisse complètement aller, je ne lutte pas contre moi-même, j’agis selon ce que me réclame mon corps (manger, dormir, ne rien foutre), je me bute pas mal au dessin, je suis hors de tous les sols, j’ai mal, mais il n’y a que moi pour le savoir et m’en souvenir
je vais avoir 31 ans, et ma seule ambition est de lire des mangas, de jouer aux jeux vidéos, de faire des dessins, un peu de piano, des photos, ce genre de trucs que tout le monde finit par abandonner, par trouver trop superfétatoire, ce genre d’activités que tous les adultes finissent par lâcher, faute de temps et d’énergie, faute d’envie aussi, parce que leur envie s’est glissée ailleurs, elle s’est fait la malle, leur envie se fait désormais appeler « crédit » « prêt » « achat d’appartement » « mariage » « enfant » « travail »
parfois j’aimerais juste trouver des personnes qui auront encore envie de jouer avec moi
parfois j’ai tellement, tellement peur d’être blessé.e
que je ravale tout dans mon silence, je poignarde, j’élimine tout
tous les mots que j’aurais pu prononcer je les reprends, je les éteins en moi
ils deviennent des extensions de mon ombre je marche avec eux H24
ils sont là quand je pisse, quand je remets du gazole dans ma voiture, quand je ris à vos blagues,
ils sont là
quand je joue aux jeux vidéos quand je me massacre dans mon sommeil quand je cauchemarde quand je rêve quand je pleure face à tous les messages
auxquels vous ne répondez pas
après avoir bouffé autant de cailloux, il est étonnant que je puisse encore cracher autre chose quand je suis auprès du monde
vous devriez vous réjouir que je ne vous caillasse pas en permanence
toute cette colère que j’ai en moi
je ne sais pas quoi en foutre, je ne sais pas où la mettre, je ne sais pas comment la diluer
souvent, elle revient comme une massue, non pas au-dessus de ma tête, mais directement dans mes mains
je ne sais pas si les gens font aussi souvent semblant d’être heureux.ses où s’iels le sont vraiment
si vous êtes vraiment heureux.ses, dites-moi, qu’est-ce que ça fait ?