Décembre 2025

je ne sais pas très bien ce que je fais

Musée Duras m'a complètement vidé.

si vous n'avez jamais fini en larmes à la fin d'un spectacle, alors vous n'avez jamais vécu l'expérience théâtrale

(c'est assez abject ce que je dis, mais c'est aussi très vrai)

je suis disjoncté en ce moment
et malade, ceci n'explique en rien cela mais


En fait, c'est très difficile d'expliquer, à celles et ceux qui ne l'ont pas vécu, ce que représentent 10 heures de spectacle. Difficile d'expliquer que non, ce n'est pas éprouvé comme dix heures de vie normale, que c'est une autre expérience du temps, un autre vécu dans le monde ; difficile d'expliquer la force et l'intensité des textes de Marguerite Duras ; difficile d'expliquer qu'on entre et on s'allonge dans le noir et on écoute une voix nous parler, difficile d'expliquer que l'on finit debout avec trois milliards de coups de poing dans le ventre ; difficile d'expliquer les sanglots, impossible de dire tout ce que j'ai pleuré juste après, et encore le soir et toute la journée du lendemain, et comme les larmes me montent encore aux yeux, que j'ai désormais les yeux comme deux précipices et que la lave danse au-dessus du volcan.

Comment vous voulez que j'explique ça ?

Comment ? Hein ?


il paraît que tu as mal mais que tu n'es pas capable de dire que tu as mal

Je ne sais pas trop pourquoi on me demande ce que je compte écrire « après ».

Frère, tu crois que je ponds les textes comme des obus ?


toutes les façades dégueulent de décos de noël ; c'est marrant tout le contraste qu'il y a entre moi et le monde

le clown en moi est mort je crois

j'ai l'impression que la dernière chose qui me rappelle que je suis en vie, c'est mon estomac. La sensation de faim ne m'a pas encore abandonné. Pour le reste, je vis entre mes fonds d'écran, mes idées de douleur et le soleil qui déconne contre la vitre de ma fenêtre.


le ciel se fend en deux au-dessus de ma tête

(il n'y a plus de ciel qui tienne)

quand on me demande « comment ça va ? » et que je réponds « ben ça va » : je mens


J'ai plus trop envie d'écrire parce que l'écriture ne me mène nulle part. C'est comme tout le reste finalement : de la pisse dans le vent.

De jour en jour, le monde se dégrade et moi je suis là à pleurer en faisant ma vaisselle, en regardant les voitures rouler, en voyant une femme seule manger un cookie dans un burger king avec un sac Gibert Joseph posé sur sa table.

C'est ça le mood postmoderne les enfants.


J'ai un poids dans le ventre
Mais c'est un poids énorme
Il
Ne me donne pas toujours envie d'exister

J'ouvre mon corps et il n'y a pas de monstre à l'intérieur
Juste
Un coffre noir
Qui ne renferme plus
Rien
(Ou juste des secrets, mais ces secrets je les bouffe, ils s'entredévorent tout seul de toute façon, ça fait pas un bon ménage, ça fait plutôt une couche de saletés de mort)

C'est marrant on
dirait de plus en plus que je parle par saccade mais c'est
Juste
Une manière de vriller plus doucement

Eh
Ouais


Aujourd'hui j'ai raté quasiment toutes mes interactions, et à plein de moments, j'avais la sensation de ne pas être vraiment là.

En fait, je me sens très fatigué·e. Mais tout le monde se sent exténué, au bord de quelque chose sur laquelle on ne parvient pas à mettre de nom.

Je prends sur moi.

Je me concentre.

Parfois j'ai l'impression que tout le monde me regarde avec des yeux d'enfer. Des yeux qui disent : on ne pige strictement rien à ta personne.


J'ai le tempérament d'une armoire électrique.

En fait, dans l'ensemble, les gens écrivent de façon trop conscientisée.

Iels veulent faire les malin·es, et caler tout le concentré pur de leur génie en un minimum de phrases, iels veulent prouver qu'elles sont fort·es, mais la force ne se prouve jamais.


En ce moment, j'ai l'impression que je ne fais qu'ajouter de la mort à la mort avec mes textes.

Genre, je me prends pour qui ?

Nous allons toustes retourner à la poussière,
bande de pécores du cul.

Je fais pas mal de rêves à la con ces derniers temps.

Là j'ai phasé sur une musique répétitive de 15min et j'ai presque été surpris·e que la musique s'arrête. Je sais pas, je buguais tellement, je croyais que ça allait durer toute la vie.


Je sais pas pourquoi quand il y a des personnes que j'aime bien, j'ai tellement envie qu'on m'aime en retour que je me plie dans tous les sens pour combler les petits besoins qu'elles expriment.

c'est quand même assez marrant qu'on en soit réduit à faire des choses qu'on n'a pas envie de faire pour espérer pouvoir faire les choses qu'on a vraiment envie de faire

en ce moment, je me réfugie là : Live at Bearsville Theater

on veut partir mais on sait pas trop où
on n'a plus assez de mots pour se sentir bien et motivé·e


J'ai moins écrit sur ma vie cette semaine, parce que la vie, justement a un peu repris le dessus.

Il y a des choses qui se préparent et elles commencent à se préparer dès maintenant.

On m'a donné un moyen mnémotechnique pour que je distingue avec moins de doute ma droite et ma gauche.

Je me suis acheté de nouvelles vestes adidas pour me guérir
(j'ai grave abusé en vrai)


Je ne me pense jamais comme « neuroatypique » ou « autiste » ou « TDAH » ou je sais pas trop quoi. Je pense juste que j'erre dans le monde et que j'ai un mal de chien à m'intégrer.

Toutes ces appellations ne soignent pas ma solitude, n'aident pas à mieux comprendre ce qui gronde chez moi, ne me donnent pas de clés pour m'évader de mes propres cages.

Ça ne tire pas trois balles dans le cœur de ma tristesse.


Là, je suis à fond sur la relecture de mon texte.
Ça avance, ça s'améliore je crois.


En fait, il y a des tas de frontières qui ne font pas sens et des cases qui explosent parce que je n'ai jamais compris comment exister à travers elles.

En fait, ça fait 15 ans que je suis au même point mort, que mes émotions ont fait bloc contre moi.


J'ai l'impression que les gens ne prennent pas toujours la mesure de ce que je leur confie. Quand je vous parle d'un film, d'un groupe, d'un spectacle que j'aime, c'est une partie de mon cœur que je vous délivre, ce n'est pas de la conversation, c'est un quart de mon corps que j'ouvre sur votre table.

(En fait, je comprends rien du tout à ce que je ressens.)

Je dois maîtriser ma colère, mais je ne maîtrise pas ma colère.

You said it would be painless
A needle in a doll
You said it would be painless
It wasn't that at all


Hey Rosey, I think I know just what the feeling is

(j'ai le coeur en putain de petites miettes)


On m’a proposé d’écrire un texte sur Bolaño, alors je me lève et j’écris. Je me replonge dans son œuvre et j’écris. J’écris comme si j’avais le droit de le faire, comme si j’avais encore quelque chose à apporter, mais ce n’est pas tellement ça en vérité, j’écris juste avec l’envie de proposer quelque chose d’un peu juste, d’un peu éblouissant, d’un peu beau.
(Histoire qu’il ne me haïsse pas trop, du haut de son Paradis.)

A part ça, j'écoute Of monsters and men comme quand j'avais 17 ans. Et vous savez quoi ? Rien n'a tellement changé dans ma façon de ressentir leurs musiques. I will be the wolf


« Je suis ici, ai-je dit, avec les chiens romantiques
et c'est ici que je vais rester. »
Roberto Bolaño

Osciller entre le dernier album de Lio et la dernière saison d’Emily in Paris (wow sacré noël).

« J'compte pas les coups du sort et du cœur, les failles dans l'univers
Je sème des fleurs et je m'aimerai quand même, qu'importe mes déserts »


Mais le cœur d’écriture de Bolaño reste la poésie, la foutue poésie et le monde qui la regarde.

Ma vie c’est beaucoup de solitude subie parce que je n’ai pas su m’entourer des personnes qui avaient le même appétit d’aventure que moi.

De façon générale, personne ne me dit jamais « viens, on peut faire ça ensemble ».

On dirait qu’il faut toujours que ce soit à moi de rejoindre vos zones, mais est-ce que vous essayez de rejoindre mes zones à moi ?

Pourquoi c’est sans cesse à moi de me déplacer et jamais à personne de me suivre ?

Tous ces efforts mis sur une balance, et la balance se casse la gueule.


Ce que j’ai dit hier est un peu faux, puisque quelqu’un a accepté de me rejoindre dans des aventures cette année. Des aventures d’1h30 ou de 5h30 ou de 10 heures. Parfois, je ne me rends simplement pas assez compte de la présence des gens autour de moi. Je ne reconnais pas toujours ma chance.
« Je voulais écrire à des gens mais je ne savais pas à qui ou je ne savais pas quoi dire. Je voulais que des gens m’écrivent. Je voulais que quelqu’un pense à moi parce que la solitude était en train de me dévorer comme l’armure de Guts le dévore quand la haine l’envahit. »
Relevés

La fiction n’est pas une arme.

La fiction court après moi, chien fou, chien heureux, et je sors ma scie crantée, et je lui déchiquette la langue.


En ce moment, j’aimerais bien que mon nouveau pseudo soit : Hora Zéro (du coup, je me suis renommé·e comme ça sur la Switch, parce que c’est hyper facile à faire ; il faudrait que tous les changements d’identité puissent être aussi simple : effacer et réécrire)